Africa Fashion Up 2026 : une soirée qu’on n’oubliera pas de sitôt Gary Sognon 29 juin 2026

Africa Fashion Up 2026 : une soirée qu’on n’oubliera pas de sitôt

Défilé Africa Fashion Up du 26 juin 2026 - Valérie Ka - Annika Mohr Storfält de Balenciaga et Mzukisi Mbane de Imprint South Africa
Valérie Ka (CEO Share Africa), Annika Mohr Storfält (Global Sustainability Director chez Balenciaga) et Mzukisi Mbane (créateur fondateur de Imprint South Africa) - Africa Fashion Up 2026

Le vendredi 26 juin, le Musée du quai Branly - Jacques Chirac a accueilli le défilé de clôture de la sixième édition d'Africa Fashion Up. La soirée, organisée en pleine Fashion Week, a réuni créateurs, maisons de luxe, responsables d'institutions et influenceurs autour d'une même idée : faire prendre toute sa place à la création africaine dans le monde de la mode internationale. Elle y est entrée de plain-pied.

Africa Fashion Up 2026 : la mode africaine a brillé à Paris

Placée sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, l’édition 2026 de Africa Fashion Up a passé un cap. Le programme fondé par Valérie Ka et porté par l’association Share Africa a placé cette saison 4 créateurs africains au cœur de l’industrie du luxe avec l’objectif de les y installer durablement.

Les chiffres disent tout l’engouement autour de l’évènement. Cette année, le programme a reçu 714 candidatures venues de 49 pays, un record. Au bout du processus, un jury international a retenu quatre lauréats originaires d’Afrique du Sud, du Nigeria et de Côte d’Ivoire pour intégrer la promotion 2026 et présenter leurs collections à Paris.

Quatre lauréats, quatre écritures

Le palmarès a distingué quatre marques aux univers très différents. Mzukisi Mbane, fondateur d’Imprint South Africa, a reçu le prix Best Designer Africa 2026 des mains d’Annika Mohr Storfält, directrice mondiale du développement durable chez Balenciaga, partenaire de toujours de l’événementnement. Sa proposition assume une esthétique afro-futuriste.

Le prix spécial du jury est revenu à Mpumelelo Dhlamini, créateur de la marque sud-africaine Ezokhetho, connue pour sa façon de raconter une histoire par le textile. Il lui a été remis par Clarisse Reille, directrice générale du DEFI et l’IFTH.

Esther Okonta, à la tête de la marque nigériane Estaz, a été récompensée du prix Jeune Designer pour sa mode féminine contemporaine et responsable. C’est Alexandre Liot, directeur général adjoint en charge des opérations au comité exécutif des Galeries Lafayette, qui lui a remis la distinction.

Enfin, les Ivoiriens William Kouakou Mackenzie et Thierry Bohui Aguy, cofondateurs de Maison Kanty’s, ont décroché le prix Éco-responsable pour leur démarche durable. La remise a été assurée par Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.

Sur le podium, ces signatures ont côtoyé celle du créateur malgache invité Éric Raisina, venu présenter une collection capsule exclusive. De quoi confirmer la diversité d’une mode africaine qui dialogue désormais sans complexe avec les codes et les exigences de l’industrie.

Une salle qui dépasse le seul cercle de la mode

Plus de 300 invités ont pris place pour la soirée. Au-delà des professionnels de la mode, on comptait des personnalités de la culture, des médias, du monde économique et des institutions, ainsi que plusieurs influenceurs venus porter l’événement auprès de leurs communautés.

Parmi les présents : Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie ; Jérémie Robert, conseiller Afrique du président de la République ; Angélique Delorme, directrice générale du Musée du quai Branly – Jacques Chirac ; Sandra Adam-Couralet, directrice du développement culturel et des publics du musée ; Sandra Kassab, directrice Afrique de l’Agence française de Développement ; Moussa Ndiaye, directeur événementiel et partenariats à l’Organisation internationale de la Francophonie ; ou encore Nicolas Delarue.

Le luxe était représenté par Vanessa Moungar, Group VP, Social Responsibility & Inclusion chez LVMH, Touhfa Rahali-Tellier, ancienne directrice générale France et Monaco de Christian Dior Couture, et Isabelle Chouvet, CEO de The Independents. Côté visages connus, on a aperçu Rebecca Ayoko, égérie d’Yves Saint Laurent, les Miss France Clémence Bottino (2020) et Flora Coquerel (2014), Olivia Yacé, Miss Côte d’Ivoire 2021 et deuxième dauphine de Miss Monde 2022, l’acteur Samuel Le Bihan et Fabrice Sawegnon, directeur général de Voodoo Group.

La scène n’a pas été réservée qu’aux vêtements. Yann Antonio, Emeka The Station, dit Blaqbonez, Davinhor et Diamond Gospel se sont succédé pour des performances qui ont fait se répondre mode, musique et création contemporaine.

Un défilé, mais surtout un accompagnement

Ce qui distingue Africa Fashion Up tient autant à la soirée qu’au travail mené en amont. Le programme répond à des besoins concrets des jeunes marques : se structurer, trouver leur positionnement, organiser leur production, accéder aux bons réseaux, y compris de distributeurs et viser l’international. Pendant toute la semaine, les lauréats ont enchaîné masterclass, rencontres professionnelles, visites de maisons de mode et échanges avec des experts.

Les partenaires de longue date ont reconduit leur soutien. Balenciaga a poursuivi son mentorat auprès des lauréats pour les épauler dans leur parcours d’entrepreneurs. HEC Paris les a accompagnés sur la stratégie et la croissance de leur marque, avec des sessions animées par des anciens de l’école. Istituto Marangoni Paris a apporté son expertise mode et business le temps d’une masterclass.

Pour la deuxième année, les Galeries Lafayette Paris Haussmann hébergent le pop-up Africa Now, ouvert du 17 juin au 8 juillet. On y retrouve une sélection de créateurs africains, dont Éric Raisina, Kwiyah Style et Talua, réunis sous l’impulsion de Studio Ka, la marque vitrine d’Africa Fashion Up lancée par Valérie Ka.

“Pour la sixième année consécutive, Balenciaga est partenaire de Share Africa – Africa Fashion Up et s’engage en faveur de la diversité et de l’inclusion dans l’industrie de la mode”, a indiqué Gianfranco Gianangeli, CEO de Balenciaga. “Par son engagement, la Maison contribue au développement de la créativité dans la mode, en accompagnant des créateurs africains émergents dans leur parcours entrepreneurial.”

Six éditions pour changer le regard

Depuis 2021, Africa Fashion Up s’est imposé comme l’un des grands rendez-vous parisiens dédiés à la mode africaine contemporaine. En six ans, le programme a révélé et suivi des designers de plusieurs pays, en leur ouvrant l’accès à des réseaux professionnels, à des maisons de référence et à un accompagnement dans la durée. À travers Share Africa, la démarche reste la même : donner aux créateurs les outils, les contacts et la visibilité dont ils ont besoin pour faire grandir leurs marques.

“Africa Fashion Up est bien plus qu’un défilé”, a résumé Valérie Ka. “C’est une plateforme qui crée des opportunités, favorise les rencontres et accompagne durablement les talents africains vers les marchés internationaux. Notre ambition est de changer le regard porté sur la création africaine et de construire les succès de demain.”

L’évènement s’est clôturé par un dîner gala tout aussi réussi au restaurant les Ombres, situé au sein du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac. 

Avec ce énième succès, Africa Fashion Up s’est positionné comme le rendez-vous incontournable pour les créateurs africains désireux de révéler leurs meilleures créations à l’industrie du luxe. Chaque année, à la même période, Paris vibrera au rythme des musiques et aux couleurs des textiles africains les plus innovants.

De Gary SOGNON – Crédit photo : Valerio Mezzanotti @nowfashion.